MUSICHRONIQUE

des chroniques musicales ...

31 mars 2008

Guapo-Elixirs

elixirs

Me revoila.

Cette fois-ci pour vous parler du tout nouvel album de Guapo, Elixirs.

Guapo est un trio anglais de rock expérimental et progressif, indépendant et pas vraiment connu (sans doute dû à leur musique pas très accessible).

Elixirs est leur 7e album depuis 98 et leur second sorti sous le label indé Ipecac (Melvins,Tomahawk..).

Les présentations faites, je vais vous parler de ce fameux Elixirs, dont la date de sortie est prévue pour fin mai.

Je dois dire que le groupe n'evolue pas vraiment et reprend les bases de leur précédent opus, à savoir l'excellent Black Oni.

Sorte de fusion entre le bon vieux prog zarbi de Magma/King Crimson et la noise de Sonic Youth des années 80 (aussi bien l'expérimental de Bad Moon Rising que le noise rock de Daydream Nation), le son de Guapo réactualise le prog des 70's qui a plutôt mal vieilli . Cependant la comparaison avec Sonic Youth  est plutôt subjective (les deux groupes n'ont pas grand chose à voir), mais il faut reconnaître que toute l'efficacité de Guapo réside dans la saturation de leur son "pour faire de la performance" (Boudi).

A vrai dire, c'est un de ces albums assez compliqués à chroniquer. En effet, il s'agit plus d'un seul thème morcelé avec des hauts et des bas, des envolées suivent des moments planants où le son se laisse aller au hasard, pour que l'auditeur puisse souffler de toute cette richesse. Quant au reste, c'est une répétition de thèmes , le tout ressemblant à une sorte d'énorme patchwork. Un peu à la manière d'un album de Godspeed You Black Emperor.

Car les albums de Guapo sont extrémement riches et il faut réussir à se concentrer une heure pour comprendre où ils veulent nous emmener .

"Jeweled Turtle" est du Guapo à la black oni, la chanson est assez dissonante, et même complètement  psychédélique avec cette grille aux sonorités indiennes . Le très bon "Arthur, Elsie and Frances" est une réactualisation de Magma (sans le kobaïen), le diptyque Twisted Stems: The Heliotrope/ The Selenotrope est parfait, il s'agit de deux chansons à l'ambiance post-apocalyptique, avec utilisation de percussions au son étrange (et même de bruits de chaîne). Des chants sont présents, chose plutôt rare chez Guapo , mais il s'agit plus de chuchotements et de chants aux allures shamaniques. The Selenotrope est particulièrement opressante avec sa cymbale claquant à trois reprise après un frisé sur la caisse claire.

Le court "The Planks" serait Sonic Youth (période Bad Moon Rising) jouant un thème indien.

King Lindorm revient à un style plus Guapo, avec des sons de cloches, un piano, un clavecin, un mellotron et cette batterie à la caisse claire roulante. La basse ronronnante (mais non saturée) donne toujours cette impression d'apocalypse. Une putain de chanson progressive, et comme toujours, opressante. Au fur et à mesure, la chanson s'emballe; les instruments se font plus insistants, la batterie claque, les cymbales sont éclatées.

En conclusion, c'est une digne suite de Black Oni. On sent que Guapo a voulu aller plus loin dans l'ambiance post apocalyptique. L'album nous scotche, le son est moins saturé que sur Five Suns et la rythmique se veut toujours aussi distordue.

17/20 par contre,faut aimer Magma et le prog en général.

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http://www.myspace.com/guapoband :"The Heliotrope" et "Arthur, Elsie and Frances" y sont. Vous pouvez également écouter II de Black Oni et II de Five Suns (qui sont toutes deux excellentes). Malheureusement les chansons sont en version courtes (vraiment dommage).

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14 mars 2008

Nous verrons bien

Nom de Dieu, que de poussières! et encore on n'en voit que le dessus...

C'est avec cette reflexion mac mahonienne que je fais renaître (pour l'espace d'une chronique?...) ce bon vieux blog qu'est musichronique..  et avec l'espoir que quelqu'un lira cette chronique!

Le problème du contenant réglé (le blog), se pose maintenant celui du contenu (la chronique en elle-même). En effet, si j'écris ici et maintenant, c'est que l'envie de faire une chronique m'est venu soudainement mais sans vraiment savoir de quoi elle traitera. Plusieurs possibilités s'offrent à moi:

Si je choisis la chronique "actualité", il y a le tout nouvel album de Girls In Hawaii , mais qui n'a pas plus d'intérêt que ca.

Si je choisis la chronique "nouvelles acquisitions", il y a Millionaire, dEUS, U.N.K.L.E , Fatboy Slim et tout ca... mouais pourquoi pas, mais non!

Si je choisis la chronique "hardue et originale", il y a ce livre qu'est l'Odyssée du Rock que je dépiote chaque jour depuis Noël et qui raconte l'histoire du rock de 54 à maintenant... mais ca serait compliqué de critiquer une telle chose.

Si je choisis la chronique "dossier-style de musique", là j'ai un vrai sujet à traiter où je peux rammener ma science. Baptiste me demanda dernièrement ce que signifiait le terme "shoegaze", tout en s'excusant de ne pas parler le jeune. C'était une occasion presque trop belle d'apporter ma foi dans le shoegaze à cette ame égarée. Mais en définitive, qu'y connais-je en shoegaze? J'écoute bien 5-6 groupes shoegaze (sur une cinquantaine!) et il ne m'est pas difficile de définir ce terme... mais enfin je ne me suis jamais lancée dans l'écoute des précurseurs de ce style que sont Jesus and Mary Chain et que sais-je...

Lancé sur la piste, je n'ai plus qu'à faire la chronique classique d'un album révolutionnaire :

MyBloodyValentineLoveless

Loveless de My Bloody Valentine

Cet album doit faire partie de mes 10 préférés et il a fait coulé beaucoup d'encre de plumes tant passionnées que criant à l'inaudible. En tout cas, il n'a laissé personne indifférent.

De cet album, le dernier de My Bloody Valentine (1991), est né le bruit "pur", les groupes nouvellement shoegaze s'essaieront en vain de retrouver cette beauté, ce bruit primitif , quitte à détruire les micros d'une guitare ultra fuzzées et désaccordée à l'aide d'une perceuse éléctrique.

Comme je l'ai dit plus haut, Loveless n'a pas inventé le shoegaze (ou noisy pop), mais My Bloody Valentine, et surtout loveless, fut Le modèle du shoegaze, la partie immérgée de cette scène underground composée d'une multitude de groupes, et qui ne dura tout au plus que 4 ans. Le grunge, apparu en même temps, viendra tout balayer, ahahaha.

Loveless est à écouter du début à la fin, les titres suivent tous  la logique noisy pop : guitares fuzzées jouées avec le vibrato et basse saturée formant le mur du son, voix féminine éthérée et lancinante généralement suivie par de longues notes de guitare aigües. La batterie assure son rôle de rythmique avec simplicité, rajoutant quelques breaks sur la caisse claire de temps en temps.

Grace à tout cela se crée des nappes de bruit mélodiques porteuses d'énormément d'émotions. On se laisse très facilement emportée par cette vague sonique du début à la fin. L'album terminé, on ne réalise plus très bien ce qu'on vient d'écouter. C'est une nouvelle sensation qui s'offre à nous, autre que celle que l'on connait lorsqu'on écoute de la musique banale.

Il n'y a pas vraiment de titres à retenir car ils sont tous énormes et qu'ils perdent pas mal de leur signification (mais restent tout aussi beaux) en dehors de l'écoute de l'album , peut-être "Only Shallow" et "Soon" qui font que l'album commence et fini par deux hymnes noise (et de la musique en général).

20 , Vraiment une putain de claque, et j'ai mis 1 an à m'en remettre.

Vous l'aurez donc compris, cet album est intemporel. C'est le genre d'album que je ferais écouter à mes enfants pour leur faire découvrir la musique.

Je vais terminer par reparler du shoegaze. Ce style fut balayé par le grunge, mais se retrouve dans des groupes très actuels comme The Brian Jonestown Massacre, The Dandy Warhols, The Warlocks, Oasis ou Coldplay dans quelques morceaux.

A part Loveless de My Bloody Valentine, je recommande également Isn't Anything et You Made Me Realise et surtout Nowhere de Ride sorti en 1990 et qui est pour moi l'autre album incontournable du Shoegaze.

Et pour répondre à la question de Baptiste , le shoegaze désigne les groupes noisy pop qui regardent leurs pieds en jouant par timidité , et aussi pour signifier que seule la musique compte ( à la place du show ou d'une attitude rock'n roll superflues).

KevinOnStage_forsite

  http://www.deezer.com/track/5736

http://www.deezer.com/#music/album/3783

Posté par optimistic à 15:38 - Chroniques - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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